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Reggae (Electro-dub)
On néglige souvent d’évoquer l’originalité de la scène dub française qui, par rapport à ses grandes soeurs anglo-saxonne et jamaïcaine, a d’emblée privilégié la version live - musique jouée en direct avec des instruments couplés progressivement à des claviers séquenceurs - au règne des bidouillages en studio. Et concernant Kaly Live Dub, comme son nom l’indique (!), le live est devenu sa vraie nature : nourrissant à la fois son goût pour l’expérimentation inédite, sa soif de totale liberté artistique et son aptitude à l’improvisation.
C’est donc justement sur scène que le groupe a d’abord bâti sa solide réputation avant de digérer dans les derniers soubresauts du 20e siècle une authentique révolution technologique (principalement via l’utilisation des samplers) quant à la manière de composer sa musique, et de nous gratifier de quelques galettes vinyliques de 1re choix. Ainsi, après deux premiers albums pour le moins remarqués (Electric Kool Aid paru en 2000 et Hydrophonic sorti en 2002), le groupe a pris son véritable envol, multipliant les concerts et les expériences inédites : partageant la composition d’un disque avec leurs cousins et voisins de pallier High Tone – Kaltone paru en 2004 chez Jarring Effects – ou dernièrement en testant sur les planches tous les enchevêtrement soniques possibles avec le trip-jazz-hop-er Erik Truffaz !
La marque d’un collectif aujourd’hui mature qui s’enrichit dans les chemins de traverse, en prenant au pied de la lettre (et de la note) le métissage des musiques actuelles amplifiées. Il n’est pourtant pas si loin le temps où Kaly biberonnait du Lee Perry et du King Tubby en s’essayant au reggae roots dans la fourmilière lyonnaise des pentes de la Croix Rousse. Fidèle à ses racines, le groupe s’est depuis servi du dub comme d’une solide fondation, tant rythmique qu’intellectuelle (un feeling), laissant libre cour à sa faculté de composition et à toutes les pérégrinations sonores imaginables, rendues possibles grâce à l’utilisation numérique de machines infernales.
Déjouant les carcans et les étiquettes médiatiques, la musique de KLD est bien sûr teintée dub ; mais elle est également sombre et électronique, urbaine et noïse parfois, psychédélique même et surtout expressive voire excessive ! Alors non les cinq Kalymen ne sont pas les énièmes trublions du ska-reggae-festif à papa…ce qui ne les empêchera pas de vous scotcher au plafond la prochaine fois que vous les verrez On Stage.
C’est d’ailleurs en toute simplicité le titre de ce CD DVD Live qui paraîtra début février 2007 et qui fait figure de cerise sur le gâteau puisque résumant à merveille l’année scénique écoulée depuis la sortie de leur 3e album (Répercussions chez PIAS) qui a tant défrayé (voire effrayé) la chronique l’hiver dernier. Le groupe fêtera dignement l’événement (!) en reprenant la route… parce que telle est sa destinée : construire et déconstruire des chansons sur les planches, là où « il n’est jamais question de calmer le jeu » (Steph de Kaly), en partageant le plateau avec des groupes d’horizons volontairement divers tels Improvisator Dub, Crystal Distorsion, Punish Yourself et Uzul Prod. Horizons divers, comme les sources de la musique de Kaly Live Dub et comme l’avenir qui s’ouvre aujourd’hui à eux, en direct live...
LZ, Hiver 2006 |
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